Platée (opéra, création 2027)
Création à l’Opera de Rennes
12, 13, 15 et 16 mai 2027
Jean-Philippe Rameau
Livret Jacques Autreau et Le Valois d’Orville,
Comédie-ballet, 1745.
Mise en scène, scénographie, costumes : Clédat & Petitpierre
Direction musicale : Camille Delaforge / Ensemble Il Caravaggio
Chorégraphie : Valeria Guiga, Clédat & Petitpierre
Dramaturgie : Baudoin Woehl
Collaboration artistique : Olivier Martin Salvan
Chœur Mélisme(s) direction Gildas Pungier
lja Aksionov / Mahias Vidal : Platée
Philippe Talbot / Petr Nekoranec : Thespis et Mercure
Catherine Trottmann : Thalie et la Folie
Mathieu Gourlet : Jupiter et Momus
Axelle Saint-Cirel : Junon
Lila Dufy : l’Amour et Clarine
Guilhem Worms / Victor Sicard : un satyre et Cithéron
Antoine Arbeit, Marie-Charlotte Chevalier, Max Fossati, Clémence Gaillard danseuses et danseurs
Fabrication décors et costumes : Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra
Production Il Caravaggio. L’Ensemble Il Caravaggio est en résidence à l’Atelier Lyrique de Tourcoing.
Coproducteur associés : Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra. Coproduction : Atelier Lyrique de Tourcoing, Opéra de Caen, Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne, Chœur de chambre Mélisme(s)
En tournée :
– 28 et 28 mai 2027 : Atelier Lyrique de Tourcoing
Saison 27-28
Angers Nantes Opéra
Opéra de Massy
Théâtre de Caen
Note d’intention
Annoncer dans le prologue la fable à venir, et donc révéler par là-même l’artifice du théâtre est un point commun à Platée et au Carnaval de Venise (que nous avons récement mis en scène).
Ce métathéâtre résonne à nouveau en nous comme une formidable invitation à ouvrir notre imaginaire.
Désireux de situer Platée du côté de la fable et de la mythologie, il nous a plu de faire référence aux sculptures des fontaines de Versailles mettant en scène des dieux parés d’or.
Et si l’Olympe de ces dieux était là, au niveau du jardin, et qu’il leur fallait descendre non plus sur terre mais sous terre pour rejoindre le royaume de Platée, là dans le formidable réseau de galeries et de canalisations géantes qui alimentent depuis le XVII ème siècle toutes ces fontaines ? Et si c’était là que se trouvait le « marais profond » désigné par Cithéron ? Juste là, dans l’obscurité humide de ce réseau de canalisations qui, soudain, nous apparaît comme une métaphore parfaite des profondeurs de l’âme de notre héroïne, là où circulent, s’accumulent et se libèrent les pulsions qui l’animent.
Comme autant de passages vers une humidité salvatrice, nous avons imaginé une scène occupée par de gros tubes -aux proportions de ceux de Versailles- dans lesquels Platée et ses suivantes se faufilent.
Manipulés sur scène comme un grand jeu d’assemblage, ces tubes structurent un espace surchargé de motifs et de signes graphiques, où tous les éléments scénographiques sont recouverts de tissus aux impressions vives et pixélisés .
La laideur physique de l’héroïne -souvent représentée- n’est pas du tout explicite dans le livret : c’est sa nymphomanie, son comportement socialement inadapté, qui est au centre de cette fable cruelle. Aveuglé par son besoin immodéré d’amour – une obsession pathologique dirait-on aujourd’hui- le personnage de Platée était au moment de sa création fondamentalement incompatible avec la bienséance qui régissait alors la cour.
Au pays des grenouilles, vertes dans leur traditionnelle représentation, notre Platée n’est donc pas laide, mais elle est dépourvue de tous les attributs du camouflage. Elle est multicolore, différente. C’est la reine du marais.
Nos dieux sont donc quant à eux parés des attributs de la statuaire baroque. La team de l’Olympe est intégralement blanche comme de l’albâtre (peau et cheveux compris) et des attributs dorés, propres à chaque dieu, viennent compléter leurs silhouettes qui se détachent comme autant de points lumineux dans cet espace dense et chargé.
L’humour vachard de cet opéra bouffon -chef d’œuvre hors norme- conjugue cruauté et dérision. Si l’insolence s’est bien sûr un peu émoussée depuis sa création, la cruauté, elle, demeure. Elle nous parvient peut-être même plus fortement aujourd’hui, dans notre société tiraillée entre le care, l’acceptation des différences, et la violence du monde qui nous parvient sans cesse.
Le besoin éperdu d’amour et la profonde solitude de notre héroïne, nous poussent vers une Platée que nous souhaitons touchante et fragile malgré le burlesque des situations.
Les parties purement instrumentales -et donc théoriquement dansées- sont nombreuses. Avec Valeria Guiga nous souhaitons créer un langage corporel commun à tous les interprètes, chanteurs et danseurs, afin que la danse soit le plus intimement possible liée à la mise en scène, et non pas convoquée comme autant d’intermèdes.
Le chœur sera pleinement engagé dans ce travail chorégraphique.
Yvan Clédat et Coco Petitpierre.




