Panique !

PAN (2018) –  Film réalisé avec Yann Tribolle.

Panique! (extraits, captation à la HAG / Blois, janvier 2020)

Création 2020

Conception, mise en scène, sculptures
Yvan Clédat & Coco Petitpierre

Interprétation et co-réalisation
Olivier Martin-Salvan

Durée : 30 mn

Production
lebeau et associés
Résidences de création
Le Centquatre-Paris
Parc de La Villette

Panique! est un solo sur mesure conçu pour le comédien Olivier Martin Salvan, et inspiré des représentations mythologiques du dieu PAN.

Créature chimérique, mi-homme mi-bouc, divinité de la nature, Pan est le dieu des troupeaux et des bergers, et le compagnon des satyres,

L’origine de sa flûte, toujours présente dans l’iconographie du dieu, nous est contée par Ovide dans Les métamorphoses :

« …comment la nymphe, insensible à ses prières, avait fui par des sentiers difficiles jusqu’aux rives sablonneuses du paisible Ladon; comment le fleuve arrêtant sa course, elle avait imploré le secours des naïades, ses sœurs; comment, croyant saisir la nymphe fugitive, Pan n’embrassa que des roseaux; comment, pendant qu’il soupirait de douleur, ces roseaux, agités par les vents, rendirent un son léger, semblable à sa voix plaintive; comment le dieu, charmé de cette douce harmonie et de cet art nouveau, s’écria : «Je conserverai du moins ce moyen de m’entretenir avec toi»; comment enfin le dieu, coupant des roseaux d’inégale grandeur, et les unissant avec de la cire, en forma l’instrument qui porta le nom de son amante. »

Velu, ventru, barbu, cornu, torse nu, Olivier Martin-Salvan est monté sur de gros sabots dorés, prolongements de ses pattes bestiales.

A l’instar des représentations traditionnelles du demi dieu, il est juché sur un fragment de nature, vestige de sa patrie mythologique, l’Arcadie.

Objet précieux, entièrement recouvert de feuilles d’or ce petit territoire sculptural est l’unique élément scénographique du spectacle.

Panique! est une forme courte et performative, sans texte, sans parole, conçue pour une proximité immédiate avec le spectateur. Pénétrant dans un espace sombre et enfumé, le public découvre Pan assis sur son rocher. Il n’y a pas de gradin ni d’emplacement prédéterminé: le public choisi de rester debout, de déambuler, ou de s’asseoir au sol où bon lui semble. 

Notre demi dieu, mélancolique et coléreux, indifférent à la présence du public semble ressasser les évènements de sa vie débauchée et solitaire. Son humeur est instable et, entre siestes, hurlements et pulsions lubriques le spectateur est maintenu dans une inquiétude amusée. 

La musique (la flûte de Pan), la danse, (le faune de Nijinski) sont également convoqués à travers les talents multiples et la corporalité hors norme d’Olivier Martin Salvan.