Panique !

Création 2018

Conception, mise en scène, sculptures
Yvan Clédat & Coco Petitpierre

Interprétation et co-réalisation
Olivier Martin-Salvan

Clédat & Petitpierre est actuellement en résidence au Centquatre-Paris pour la création de Panique!

Production : lebeau et associés

Panique! est une œuvre vivante et sculpturale, inspirée des représentations mythologiques du dieu PAN et conçue pour le comédien Olivier Martin–Salvan.

Créature chimérique mi-homme mi-bouc, divinité de la nature, Pan est le dieu des troupeaux et des bergers, et le compagnon des satyres,

L’origine de sa flûte, toujours présente dans l’iconographie du dieu, nous est contée par Ovide dans Les métamorphoses :

« …comment la nymphe, insensible à ses prières, avait fui par des sentiers difficiles jusqu’aux rives sablonneuses du paisible Ladon; comment le fleuve arrêtant sa course, elle avait imploré le secours des naïades, ses sœurs; comment, croyant saisir la nymphe fugitive, Pan n’embrassa que des roseaux; comment, pendant qu’il soupirait de douleur, ces roseaux, agités par les vents, rendirent un son léger, semblable à sa voix plaintive; comment le dieu, charmé de cette douce harmonie et de cet art nouveau, s’écria : «Je conserverai du moins ce moyen de m’entretenir avec toi»; comment enfin le dieu, coupant des roseaux d’inégale grandeur, et les unissant avec de la cire, en forma l’instrument qui porta le nom de son amante. »

Velu, ventru, barbu, cornu, torse nu, Olivier Martin-Salvan est monté sur des Poney shoes (cf. photo page suivante) qui, recouvertes et modifiées, sont le prolongement de ses pattes bestiales – dont nous fabriquons le volumineux pelage avec des nattes dorées et frisées utilisés pour les perruques.

Assis sur une sculpture en forme de rocher laqué et végétalisé, entièrement recouverte de feuilles d’or, il joue de sa flûte et nous conte Les Métamorphoses d’Ovide, mais aussi VI métamorphoses (1946), traduction libre et érotisée par le poète surréaliste Gilbert Lely.

Extrait de Salmacis et Hermaphrodite (VI Métamorphoses)

Il veut se baigner, se déshabille

Et livre aux regards de la nymphe

Son beau corps semblable à une thyrse.

Salmacis meurt de désir derrière son arbre.

Elle presse l’écorce entre ses cuisses

Comme une Amazone tumultueuse les flancs de son cheval.

Puis elle se précipite hors de sa cachette,

Embrasse les genoux d’Hermaprodite,

Et de sa bouche de bacchante

Cherche à se désaltérer à la plus belle grappe du monde.

Le jeune homme effrayé la repousse non sans effort;

Elle tombe à la renverse.

Lui, légèrement, s’élance dans les eaux diaphanes.

«Victoire! il est à moi, maintenant,»

S’écrit la nymphe.